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Historique du club

Petite histoire du matricule 781

Le basket-ball luxembourgeois est né à Arlon en 1948, avec la création d’un club qui installa ses panneaux sur la place des Chasseurs Ardennais, au pied de la Butte dont il prit le nom. Parmi les fondateurs, on retient les noms de Lucien Ensch, du docteur Duquesne, du Frère Pierre, de l’Institut Sainte-Marie. Ces pionniers furent bientôt rejoints par Albert Demonté, professeur à l’Athénée, et Raymond Bernard.
En 1949-1950, La Butte, seul club officiel de la province du Luxembourg et donc obligé de s’expatrier, joua son premier championnat en provinciale namuroise. En 1951, il fut même champion…  namurois, sans pour autant pouvoir encore accéder à la division nationale. En 1952, elle arriva enfin à l’échelon supérieur et fut ainsi le premier club luxembourgeois à disputer un championnat national.  
A l’autre bout de la ville, on rêvait aussi de basket-ball. Le 1er avril 1952, une réunion rassembla le chanoine Heck, doyen d’Arlon, les abbés Leveling et Rollin, ses vicaires, l’avocat André Mons, Fernand Georges, Roger Georges et Charles Bernard. On y prit la décision de constituer un club paroissial, au sein de l’association estudiantine de Saint-Martin . L’année précédente, l’administration communale avait aménagé un terrain sur la place de l’Yser. C’est là que s’installa le club, qui choisit de porter le nom de la rivière coulant sous terrain, la Semois. Le premier comité de La Semois était conduit par André Mons, qui présida le club jusqu’en 1962. Son secrétaire était l’abbé Rollin, son trésorier Fernand Georges. Le doyen Heck offrit le premier ballon, qui coûta 507.5F.  La cotisation des joueurs fut fixée à 5F par mois.
Le 13 février 1954, La Semois devint officiellement un club de basket-ball, affilié à la fédération sous le numéro matricule 781. C’est l’histoire de ce matricule 781 dont nous fêtons les 50 ans. Son histoire passe par le BC Arlonais, né de la fusion entre La Semois et La Butte, et conduit jusqu’au BCA Luxair d’aujourd’hui.
L’histoire d’un club sportif est d’abord celle de ses victoires et de ses défaites sur le terrain, de tous ses matchs qui lui apportent la gloire du champion, la satisfaction de bien se classer ou l’amertume de la relégation. La matricule 781 a donc joué 50 championnats : deux en Nationale III en 1962-63 et en 2002-03, 37 en Nationale IV, maintenant appelé Régionale I, et 11 en Provinciale au cours desquelles le Club a remporté à 7 reprises le titre de champion luxembourgeois. Cinquante championnats qui font tout le chemin du Club qui va de la Place des Chasseurs Ardennais, au pied de la Butte, et de la Place de l’Yser, sur la Semois, jusqu’au Hall des Sports de La Spetz.
L’histoire d’un club est aussi celle des hommes qui le construisent, l’animent et le font survivre à eux-mêmes. Deux noms, Nepper et Flohimont, personnifient très bien notre basket-ball à travers ses 40 années. Dans le programme édité à l’occasion du tournoi international de 1976, on présentait la famille Nepper ainsi : « Rudy, cet ailier gauche de débordement dans l’équipe des vétérans ; Paul, ce joueur expérimenté dont le Luxair a encore besoin en équipe première, malgré un âge presque canonique ; Eric, le fils de Rudy, qui fait partie du noyau de première et de cette bonne cuvée de jeunes couvée par Raymond Belche ; Robby, le fils de Paul, qui subtilise déjà les ballons aux mi-temps des rencontres ». On peut ajouter que, depuis, Robby a fini par rejoindre son cousin pour disputer le ballon dans de vraies rencontres. Et que Paul Nepper est le joueur du Club qui a disputé le plus de matchs de basket-ball, à la Butte et à la Semois, à Salzinnes et au Racing de Luxembourg, à Damas dans l’équipe nationale militaire comme à Saint-Léger en provinciale, en coupe d’Europe aussi bien que chez le vétérans
Claude Flohimont est un autre grand Monsieur du basket-ball. Entraîneur, coach, membre du Comité, vice-président, il occupa toutes les fonctions clé au sein du Club, en plus de celle d’ailier brillant tout au long d’une très longue carrière. On peut ici, sans conteste, parler d’un clan. Pas plus dans le sport que dans la vie, un Flohimont ne vient jamais seul. Ce sont donc tous les Flohimont, Martin, Cimino, Goffin et apparentés, hommes, femmes et enfants, conduits par Tante Marcelle, qui auront marqué l’histoire du club de leurs présences actives et passionnées, sur les terrains comme dans les Comités.
Il est toujours délicat de mentionner des noms. Pourquoi celui-ci et pas celui-là, alors que tous méritent une citation ? Il faut donc encore certainement évoquer Raymond Belche, celui qui a le plus profondément marqué la vie du Club, par son action essentielle dès la toute première heure, Albert Marchal qui a été l’exemple de ces soldats solides et efficaces, comme le sont aussi des Emile Martin ou des Pierrots Timmermans, mais aussi Jules Santiquian, jean-Jacques Van Hamme, et Henri Poncin, de la race de ceux qui ont une idée par jour, et les Demonté qui nous ont donné des présidents pendant 35 ans.
Le basket-ball doit aussi être un spectacle. A défaut d’avoir pu toujours rassembler autant de spectateurs qu’il l’aurait voulu pour applaudir ses équipes, notre Club a su attirer les grandes foules à l’occasion des tournois internationaux et des matchs de prestige qu’il a offerts au public arlonais. L’organisation des 24 Heures, sous l’impulsion d’Henri Poncin, fit connaître le Club au quatre coins de la Belgique mais également à l’étranger.
Au-delà de brillantes manifestations, de la compétition et des championnats de l’équipe-fanion, le matricule 781 est aussi, et depuis toujours, une école. L’école du basket-ball qu’on étudie, qu’on reprend, qu’on recommence, qu’on fait mieux. Du basket-ball des entraînements, où on mouille son maillot sans se faire applaudir. C’est aussi l’honneur d’un club de donner l’occasion de faire du sport à de très nombreux enfants. Le nôtre a également bien mérité. L’Histoire ignore toujours trop le travail de ces dirigeants de l’ombre, entraîneurs, délégués et chauffeurs de nos très nombreuses équipes d’âge. Il faut tous les associer, et principalement Guy Gaul et Raymond Belche. Qui, mieux qu’eux deux, enseignants et éducateurs dans l’âme, pourraient personnifier ce basket-ball-école qui apprend la vie en apprenant la passe et le shoot ?
Il y a lieu d’évoquer également la société qui a donné longtemps son nom au Club. Partenaire fidèle et généreux, la Luxair s.a. a apporté au Club les moyens de sa politique. A sa subvention annuelle de fonctionnement et à sa participation essentielle aux 24 Heures, elle a ajouté régulièrement les cadeaux qui entretiennent l’amitié. Qu’elle en soit chaleureusement remerciée.
Le matricule 781 a porté haut les couleurs luxembourgeoises. Son palmarès l’atteste, son renom et ses organisations en témoignent. A l’occasion de l’anniversaire qu’il s’apprête à fêter, on l’autorisera à en être fier sans qu’il soit taxé de vanité.
Il salue fraternellement tous les autres clubs de basket-ball de la province du Luxembourg, dans lesquels tant des siens ont évolué et auprès desquels il a souvent trouvé les renforts qu’il cherchait. Ils savent eux toute la difficulté d’animer et de faire réussir un club sportif, et particulièrement de basket-ball, dans une province du bout de la Belgique. Dans le fond du Luxembourg, la satisfaction d’avoir réussi, en servant le sport et la jeunesse, n’en est que plus grande.

Joseph Nicolas
Avril 1992


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Royal Basket-PALL Arlon - (c) Septembre 2006
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